samedi 10 juillet 2010

Naufrage à Dumet


J'avoue mon inconscience : j'ai ri de voir Jean-Claude dessaler en cet après-midi de relache à Dumet. Bien mal m'en pris, car je fus puni. Après avoir rousiné et notre barbec annuel, si convivial et chaleureux, prenant fin  dans ce barachois, nous remontâmes à bord, mon castor et moi, pour boire notre bistouille dans l'intention de succomber sur nos cabanes. La Littorine tossait dans la petite piaule qui avait fraîchi et avant qu'on aie trinqué, la méchante gueuse chassa et nous talonnâmes dans une fameuse acculade. Ce fut comme une grande secouée. Mon mousse eut beau embraquer le câblot, c'est le tout qui vint ; il s'en cassa deux côtes. C'est à la gîte, peinards sur le sable, que par moments nous tombâmes dans les bras de Sirène. Au petit matin, c'est une puissante barque orange qui vînt nous débouquer, piteux et le safran cassé, jusqu'à la Turballe. Nous fîmes une rousture afin de pouvoir rentrer à l'attache. Depuis nous ruminons une morale à tout hasard :
"petit poisson deviendra grand
pourvu que Dieu lui prête vie
mais le lâcher en attendant
je tiens pour moi que c'est folie
car de le rattraper il n'est pas trop certain…"

2 commentaires:

  1. C'est bo comme un compte de fée, ou le songe d'une nuit d'été, dommage pour le réveil brutal et la gueule de la fée!
    Bravo encore, notre bigornopoète, et bien content de l'heureux dénouement. Que cela nous serve de leçon, car tu as été le seul à payer nos turpitudes...

    RépondreSupprimer
  2. Merci à toi Loïc, c'est très beau !
    Longue vie à la Littorine et son Capitaine .

    RépondreSupprimer

Commentaires